Le site nucléaire du Tricastin

C'est la plus importante concentration d'industries nucléaires et chimiques de France, la plus étendue du pays, devant l'usine de retraitement de La Hague

Le site nucléaire du Tricastin est un complexe industriel regroupant sur 650 hectares des installations du cycle du combustible nucléaire et une centrale électronucléaire de quatre réacteurs de 900 Mgwatt utilisant du combustible mox constitué d'oxyde de plutonium et d'uranium appauvri comme ceux de Fukushima.

L'utilisation du mox est plus dangereuse que celle de l'uranium, elle provoque une augmentation du risque de criticité (emballement de la réaction en chaine dans le réacteur) ; la proximité avec des entreprises centrées sur la chimie de l'uranium (fabrication et exploitation du combustible nucléaire ) majore donc considérablement les risques en cas cas d'accident grave.

2000 salariés travaillent dans la centrale , 1200 agents EDF et 800 sous traitants.

Elle produit 6% de l'électricité nucléaire française.

Les 4 réacteurs sont en train d'atteindre la limite des 40 ans :

Réacteur    1ere divergence    Péremption

N°1               1980                      2020

N°2              1980                      2020

N°3               1980                      2020

N°4               1981                       2021

Une particularité : la cuve du réacteur numéro 1 comporte 20 fissures d'origine ( problêmes lors du soudage du revêtement inox à l'intérieur de la cuve) , dont on ignore l'évolution depuis 40 ans.

Située en zone sismique, elle est à 6 mètres en dessous du niveau du canal de Donzére-Mondragon qui est sa source de refroidissement.

1 600 000 personnes vivent dans un rayon de 80 km autour de la centrale. 

Le vieillissement des réacteurs constitue une menace pour les populations.  



La centrale du Tricastin a débuté sa production en 1980, construite pour durer 30 ans elle en a aujourd'hui 40 et EDF est bien décidée à la prolonger jusqu'à 50, voire 60 ans .
Elle est la première en France à présenter un dossier à l'approbation de l'Autorité de sûreté nucléaire pour prolonger la durée d'exploitation du réacteur N°1 au-delà de quarante ans.

Nous savons tous que cette centrale est périmée, qu'il y a des problèmes de sureté avec la digue , des problèmes de sécurité avec les piscines de refroidissement des combustibles usagés, des rejets nocifs au quotidien, et plus grave encore des fissures justement sur la cuve du réacteur N° 1 qui ne peut en aucun cas être remplacée.

Au moment où elle devrait être maximale, à cause du vieillissement des réacteurs la sureté n'est plus la priorité d'EDF, c'est le profit.
Le recours à la sous-traitance pour des raisons de coût est massif (80% des taches sont sous traitées ) mais les conditions de travail des travailleurs sous traitants sont tellement dégradées que l'on peut parler d'une sureté « low cost » très inquiétante pour eux et pour les populations riveraines.

Dans ces conditions le risque d'accident s'accroit considérablement, alors que rien n'est sérieusement prévu pour y faire face , le Plan Particulier d'Intervention (PPI) ne prévoyant l'évacuation des habitants que dans un périmètre de 20 km autour de la centrale seulement.

Un accident nucléaire majeur coûterait 430 milliards d'euros d'après un rapport de l'IRSN. Mais même en cas d'accident moins grave nous pourrions alors voir après la catastrophe les prix de l'immobilier s'effondrer , la fin des cultures bio et des vignobles , la ruine de l'économie et du tourisme . Il n'est pas possible de prendre de tels risques pour nous et les générations futures. 



Le Grand Carénage

Pour préparer la prolongation de ses centrales en tentant une rénovation integrant les nouvelles normes de sureté post Fukushima, EDF lance un projet pharaonique baptisé "Grand Carénage" avec un budget annoncé de 55 milliards d'euros d'ici 2025 (la cour des comptes parle de 100 milliards d'euros) et le premier chantier sera celui du Tricastin.

La visite décennale des quarante ans vient de débuter en juin par l'inspection de la cuve du réacteur numéro 1.

Or le problème le plus symptomatique de l'usure générale est l'état de cette cuve. C'est elle qui retient la très forte radioactivité du cœur nucléaire. Elle doit aussi contenir les hautes températures ainsi que la pression de 155 bar. Cette cuve de 300 tonnes a été considérée comme indestructible. Pourtant grâce aux informations des syndicats en 1980, on sait que cette cuve comporte des défauts génériques : lors du soudage des différentes parties, 20 fissures sont apparues . En 2019 ces fissures évoluent à chaque arrêt d'urgence par simple effet de dilatation thermique.

EDF ne donne jamais les chiffres sur l'évolution de ces fissures depuis 40 ans, se contentant d'affirmer quelles sont connues et contrôlées , mais à force de minorer les risques les ingénieurs du nucléaire prennent de lourdes responsabilités vis à vis des travailleurs de la centrale et des riverains.

Une fuite en avant qui risque de coûter cher aux travailleurs du nucléaire et aux riverains.

Cet acharnement d' EDF à promouvoir l'énergie nucléaire, dangereuse pour les humains et leur environnement, qui produit des déchets toxiques dont on ne sait que faire et de moins en moins compétitive par rapport aux énergies solaire et éolienne doivent être dénoncés et stoppés.

Et un nouveau mix énergetique décarboné, basé sur les économies d'énergie, l'efficacité énergétique ( particuliérement l'isolation des batiments ) et le développement des énergies renouvelables, mis en œuvre rapidement et durablement pour respecter les engagements de la COP 21.

Une consultation publique sera organisée en 2020/2021 , souhaitons que les riverains de la centrale participent largement et se prononcent en conscience sur leur souhait d'arrêter ou de voir prolonger la durée de vie du réacteur N°1 par l'ASN.

Pour en savoir plus , l'ouvrage "Nucléaire, danger immédiat" de Thierry gadault et Hugues Demeude (Ed Flammarion Enquête)

NUCLÉAIRE : PILOTABLE , VOUS AVEZ DIT PILOTABLE ?


Très réguliérement les partisans du nucléaire , quand ils veulent contrer le développement des énergies renouvelables( solaire et éolien en particulier) mettent en avant deux arguments :
-Elles sont intermittentes
Un possible stockage d'électricité à l'échelle d'un pays serait impossible et les productions de l'éolien et du photovoltaïque ne pourraient être lissées et maîtrisées malgré les progrés réalisés en la matiére , en particulier avec le développement du « power -to-gas »
-Elles ne sont pas pilotables
La SFEN (Société Française d'Énergie Nucléaire) assure même que « tous les pays ont besoin d'un socle énergétique, pilotable et disponible 24/24 ; ce socle assurant la sécurité énergétique d'un pays. Ce socle d'énergies pilotables se compose d'énergie nucléaire ou/et d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) » oubliant de préciser que l'hydraulique est aussi une énergie pilotable avec les barrages et les STEPS.

Classer le nucléaire dans les énergies pilotables est un peu fort de café , les réacteurs ne pouvant en aucun cas moduler leur production , ils fonctionnent à plein ou bien sont à l'arrêt. Arrêter un réacteur , puis le faire redemarrer prend un certain temps et mobilise des équipes.
Dans un article du mercredi 15 avril le Canard Enchainé nous apprend que le confinement du au COVID 19 ayant entrainé une baisse de la consommation d'électricité de 15 à 20 % EDF a du payer ses clients pour parvenir à écouler son courant.
Selon le journal « Parce que la demande doit être égale à l'offre, il revient souvent moins cher à EDF d'écouler des kilowatt/heures à des prix négatifs que de mettre à l'arrêt des centrales nucléaires exigeant , pour être redemarrées , un certain délai...pendant lequel le courant viendrait à manquer ! «
La démontration est donc faite : le nucléaire n'est pas une énergie pilotable.

Sources :
*Le Canard Enchainé du mercredi 15 avril
*Par Michel Negynas.5 juin 2019 dans CONTREPOINTS


Contre l'avis de la Cour des comptes, des Académies des Sciences et des Technologies, des sociétés savantes de Physique et de Chimie, de la Fédération des ingénieurs et scientifiques de France (un million d'inscrits), des Commissions d'experts comme la Commission Percebois et Grandil, malgré la faillite patente de l'Energiewende allemande, malgré la fronde contre la taxation de l'énergie, nos gouvernements persistent et signent : on remplacera des centrales nucléaires et à charbon, pilotables à la demande, par des éoliennes et des panneaux solaires produisant de manière aléatoire.

*L'INFORMATION DE RÉFÉRENCE SUR L'ÉNERGIE NUCLÉAIRE


ACTUALITÉS DÉCRYPTAGE ÉLECTRICITÉ ENERGIES RENOUVELABLES
Publié le 14.02.2020 par Michel Gay dans Le Monde de l'énergie
Foisonnement et stockage sont des leurres
Les annonces d'un possible stockage d'électricité à l'échelle d'un pays constituent des leurres destinés à faire croire que les productions erratiques de l'éolien et du photovoltaïque peuvent être lissées et maîtrisées pour favoriser leur coûteux développement subventionné par l'argent public des contribuables.
S'il n'y a plus de nucléaire, ni de gaz, ni de charbon pour produire massivement une électricité pilotable, et pas de stockages massifs pour absorber et restituer les productions erratiques du vent et du soleil, alors l'avenir va devenir sombre...
Et les dernières tentatives honteuses et pitoyables des promoteurs du vent pour attendrir les Français avec de « l'éolien caritatif » n'y changeront rien.
En résumé, pas de vent (ou pas de soleil) en Europe, pas d'électricité !
C'est aussi simple que ça ! 

Ce lundi 23 septembre, s'ouvrait à New York le sommet Action-climat des Nations Unies pour relever les défis du changement climatique. Bien que de plus en plus de citoyens, dans le monde, demandent des actions concrètes en faveur du climat à leur gouvernement, l'énergie nucléaire, la seule énergie bas carbone, pilotable 24h/24, est remplacée le plus souvent, non pas par des énergies renouvelables, mais par des énergies fossiles, en particulier le gaz, fortement émetteur de CO2.

A ce socle viennent se greffer les énergies renouvelables à production variable dont la production dépend des aléas météorologiques.
Rédaction par la SFEN

*Eolien : foisonnement et stockage ne remplaceront jamais le pilotable

Notre objectif

Nous sommes une association de riverains proches de la centrale du Tricastin et compte-tenu de l'accroissement des dangers liés au vieillissement de ses réacteurs qui ont atteints l'âge de 40 ans, nous demandons leur arrêt sans délais.